À première vue, le parcours de M.O Bourbier est semblable à celui de centaines d’autres rappeurs. Il y a d’abord eu les premiers textes au sortir de l’adolescence. Puis l’aventure Le Bongeo, un groupe formé aux côtés de ses deux plus proches amis à travers lequel il s’immisce au sein du paysage rap, rencontre quelques figures locales (Dosseh, Gradur, Naza, etc.) et pose sur de prestigieuses compilations (50K). Enfin, il y a l’envie d’exprimer son propre univers, d’assumer ses influences et d’aller vers les sons qu’il aime, inspirés par la liberté d’artistes anglophones (Chief Keef, Lil Durk, IAMDDB). C’est là que M.O Bourbier, repéré par JUL et invité sur le Classico Organisé, se démarque de ses contemporains : dans ce timbre de voix à la fois imposant et « déréglé », dans cette aisance à se moquer de l’archaïque structure couplet-refrain, dans cette faculté à osciller en permanence entre un rap cru, attaché à la rue, et des morceaux plus minimalistes, portés par un savoir-faire mélodique indéniable. « Lorsque j’écris, c’est vraiment la production qui dicte quelle partie de ma vie je vais raconter, quelle attitude je vais adopter et quel état d’esprit j’ai envie d’afficher ». À la manière de Ninho et Oboy, quoique dans un registre esthétique différent, M.O Bourbier, 29 ans, se montre aussi à l’aise lorsqu’il kicke dans un freestyle qu’au moment de créer une belle topline. Après tout, ce n’est pas pour rien si ses proches le surnomment « Bipo » : derrière cette marque d’affection, il y a cette volonté d’appuyer le caractère multiple du rappeur de Nanterre, qui se dit « déterminé », « perfectionniste en studio » et « capable d’être aussi gentil que méchant ».

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